
Samedi 8 décembre. Jour du cortège de saint Nicolas dans la préfecture des Vosges. Le temps est faiblement mais inlassablement pluvieux cette fin d’après-midi. Notre programme nous offre heureusement une bulle de douceur dans une maison chaleureuse, Lamielle au 13, rue Rualménil, près de l’hôtel de ville. Le commerce n’est pas grand, juste le temps de voir des moulages du saint patron de la Lorraine et de filer vers l’arrière-boutique où s’affairent de jolies filles. Il nous semble serpenter dans un long dédale pour gagner le laboratoire. Nous sommes accueillis par Philippe, l’artisan chocolatier et Nicolas, un des ouvriers, à la réalisation d’une pâte à bergamote. Rapidement rejoints par René, le fondateur. René Lamielle, d’origine suisse, de parents belfortains, au regard lagon, illumine l’atelier de sa personnalité. A 82 ans, l’ancien professeur de technologie converti à la pâtisserie étale le verbe comme une ganache. Les mots sont délicats et délicieux. Il a la parole facile et l’enthousiasme d’un vieux jeune. On l’écouterait pendant des heures, n’était notre emploi du temps. Et la priorité de son fils, verser la masse chaude cuivrée. Au milieu de la table, un sapin de chocolat. Une pièce unique qui ne rémunère pas son créateur, mais qui fera la publicité pour Lamielle. Ici on ne compte pas ses heures. Dans le local voisin, deux jeunes finalisent une autre sculpture, une cheminée à Père Noël. René n’est pas peu fier de les féliciter, lui qui se réjouit d’avoir inséré sa petite-fille dans la famille chocolatière. La discrète Océane entrera sous peu dans le club de jeunes chocolatiers que l’AFITV* s’apprête à créer dans la ville de l’imagerie. Qui d’autre que René pourrait en être le parrain?
Depuis 1964 la maison Lamielle régale les générations et cultive l’excellence. De nombreux prix nationaux et internationaux jalonnent son histoire. Dès 1978, les Spinadors, meilleurs bonbons de France. Philippe en assemble un sous nos yeux. Deux coquilles de nougatine fourrées au praliné chocolaté à l’ancienne, sous enveloppe papier or. 100.000 bonbons emballés manuellement à l’année ! En 2000 c’étaient les Contes de Fées, emblèmes d’Epinal. Et les 7 Péchés capitaux, Trophée de la Gastronomie française 2003. Avec la Palette noire, René a été le premier chocolatier lorrain à sélectionner ses origines de fèves pour son chocolat de couverture. Bon an mal an, les Lamielle produisent 9 tonnes de chocolat. S’ils comptent parmi les meilleurs de France, René et Philippe sont très éclectiques. Nougat comme à Montélimar, calisson comme à Aix,, bergamote comme à Nancy, madeleine comme à Commercy…Et c’est à Bâle que René a appris le chocolat.
A deux semaines des Fêtes, le vieux maître du cacao a eu autant de joie à nous recevoir que nous d’être reçus dans son laboratoire. Il garde l’oeil brillant comme le bon chocolat. Une ardente pépite dans le cœur des Spinaliens.
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