Une maison vietnamienne

29, rue de la Krutenau dans le quartier éponyme connu des vrais Strasbourgeois pour ses bonnes adresses. La friche de l’ancienne manufacture de tabacs est tout près et en devenir. C’est dans cette voie sans doute bientôt piétonnière que Jean-Louis Le (Lê originellement) a choisi de poser un coin de Vietnam pour partager et perpétuer un héritage familial. Mai Saigon.

Jean-Louis est un entrepreneur de 32 ans. Né au pays du dragon, dans la région de Saigon, il est arrivé en France avec sa famille parmi la diaspora proche de l’Allemagne. Après ses études, il retourna aux origines et travailla dans le voyage et le bar. Mais en revenant en France, il a ressenti le besoin de poursuivre l’œuvre de sa famille, investie dans les métiers de bouche de longue date. Jean-Louis ne cuisine pas, laissant ce travail à son experte de maman qui a assimilé les différents terroirs de son pays. La maîtresse des fourneaux est secondée par Le Thi Minh Xuan, sa belle-fille. Un petit bout de femme au doux visage qui va me faire goûter les crêpes vietnamiennes farcies au porc. Une délicate et agréable préparation. Le Dac Thang vient me saluer. C’est le papa, propriétaire des murs et apporteur de fonds. A Jean-Louis la salle, le marketing et la gérance. L’effectif peut atteindre les 8 contrats. Les collaborateurs sont tous du même pays d’origine, au nom de la cohérence.

« Voyage du Vietnam à l’Alsace »


Jean-Louis n’a pas mis l’accent sur la décoration, jouant la sobriété. Les références au pays sont là, discrètes. Les lampions égaient le mur gris.
Il annonce une quarantaine de couverts, il pourrait en ajouter bien plus, mais il privilégie le confort et la qualité du service. La cuisine est visible de la salle, il faut rester proche du convive auquel une carte restreinte est proposée. 6 plats emblématiques, dont le
phở, le plat national par lequel débute la journée. Ou encore le bò bún, autre incontournable. Pour le dessert, la cheffe appelle encore des valeurs sûres comme le gâteau à la banane. Je n’aurai pas le loisir de la table ce midi, l’établissement ne rouvrant que ce soir, mais le jeune dirigeant me concocte rapidement son apéritif maison, un jus de mangue sur du gewurztraminer aux graines de basilic thaï. Les vins d’Alsace sont en bonne place sur la carte, ceux du Vietnam ne soutenant pas la comparaison selon Jean-Louis. Du reste, ils seraient chers à l’importation. Sinon, la bière de Saigon pour les amateurs.

A l’issue de notre entretien, Jean-Louis désigne un tableau et traduit. « Chaque moment est un cadeau de la vie ». Cette rencontre apéritive aussi.


Restaurant Mai Saigon 29, rue de la Krutenau Strasbourg

2 commentaires sur “Une maison vietnamienne

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