Deux heures à Ribeau

Dégustation pâtissière et interview du maire.

Un début d’après-midi, début de semaine. La ville se remet du week-end prolongé du 11 novembre.

Grand’Rue, le passant est moins nombreux que d’habitude. Je n’ai pas fait cent mètres dans l’artère qu’une tête me revient familièrement : c’est Michèle, l’ancienne vendeuse d’une boulangerie mulhousienne disparue, que je visitais le matin. Elle aurait pu faire du théâtre avec son phrasé de Madame Potins et son regard inquisiteur. Au milieu de deux proches, la voilà qui s’adonne à la balade touristique. Quatre ans ont passé, nous nous sommes reconnus. Elle n’a pas changé d’un cheveu.


Comme il faut déjeuner, je pousse la porte d’une boutique rassurante, Vogel. « Boulangerie, pâtisserie, salon de thé et petits plats ». Je prends place dans l’espace de vente, face aux pains et réalisations sucrées. Je me laisse convaincre par la tarte aux carottes que j’arrose d’un verre de pinot gris. Pour le dessert, ce sera la tarte aux coings. Ma voisine pratique le sudoku, le visage inexpressif. Des badauds scrutent les vitrines. La salle d’à côté est plus animée. Je ne la vois pas.
L’enseigne fête son soixantième anniversaire. C’est sobre et chaleureux. Mais il ne faut être pressé.


14 H sonnent. Avec une jeune femme, j’entre dans l’hôtel de ville. L’agent d’accueil me fait la conversation en attendant le maire. Me détaille les châteaux au mur. L’entrée sent le neuf. Et respire l’histoire. Une des passions de Jean-Louis Christ, qui paraît. Près de dix ans se sont écoulés depuis ce samedi matin où je l’avais reçu dans nos locaux silencieux pour sa première émission en ma compagnie. Aujourd’hui, je viens à lui. Tout député qu’il ait été, le maire des ménétriers a gardé la simplicité des Ribeaupierrots. Nous passerons une petite heure ensemble, il me glissera des anecdotes sur la mairie et notamment dans la salle du conseil aux murs rouges. Un héritage du manufacturier Steiner.

Jean-Louis Christ

Jean-Louis m’indique encore un portrait. Le dernier des Ribeaupierre, une toile qu’hébergeait la sous-préfecture et prêtée à la Ville…qui la restaure à ses frais. Dans cette grande pièce froide dort un poêle à bois particulier surmonté d’une figurine de Napoléon. Les Ribeauvillois furent bonapartistes jadis. Mais quel que soit le régime, ils sont d’abord « ménétriers ». Quant au marché de Noël, il sera médiéval. Il alimentera le Pffiferdàj 2020. Car à Ribeau, la cité compte une centaine d’associations pour moins de cinq mille âmes. Derrière les vieilles pierres, une cité soudée.



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