Ce jour de l’Epiphanie 2020 restera dans l’histoire de Baiersbronn, avec l’anéantissement par le feu du restaurant – phare de la Traube Tonbach. Une terrible épreuve pour la famille Finkbeiner, qui exploite l’affaire depuis 1789, mais qui se dit soulagée dans son malheur qu’aucune vie n’ait été prise par le sinistre.
J’ai eu le bonheur de déjeuner voilà environ dix ans à la table triplement étoilée qui n’est plus. Et de rencontrer à deux reprises Heiner Finkbeiner. Il est de ces grands patrons qu’on n’oublie pas. Voici ce que j’écrivais en 2016.
Heiner et Sebastian Finkbeiner. 2016
Depuis plus de deux siècles, la famille Finkbeiner exploite la Traube Tonbach, un paquebot hôtelier dans une mer de résineux. On revendique un des plus beaux panoramas d’Europe. Depuis quelques années, Heiner Finkbeiner a cédé la barre à la génération des jeunes, Matthias et Sebastian. La famille conduit un équipage de 350 collaborateurs dont 90 apprentis. C’est qu’il faut entretenir un complexe de haut rang comprenant 170 chambres, suites et appartements. Et plusieurs tables, chacune dans son segment. Harald Wohlfahrt, trois macarons Michelin, rend les agapes inoubliables en sa Schwarzwaldstube. Si le bonheur est dans la cuisine, celui du chef est atteint si les attentes du gourmet sont dépassées. Silberberg, Köhlerstube et Bauernstube complètent la palette de la restauration, sans oublier la Blockhütte des randonneurs qui s’y requinquent en plats typiques et d’une gorgée de kirschwasser.
La randonnée justement. Omniprésente dans ce Tonbachtal dont l’air « pétillant comme du champagne » favoriserait la bonne humeur… Sport, bien-être et beauté coulent de source avec un spa pour tous utilisant de l’eau de mer.
Pourtant, la famille Finkbeiner insiste : « le vrai luxe ne réside pas dans une robinetterie en or, mais dans le service qui anticipe le désir avant qu’il ne s’exprime ».
Avec toute la simplicité de ces grands hôteliers et le romantisme de la Forêt-Noire.