Margaux, les escargots du Sundgau

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Elle a grandi dans le vignoble colmarien. Elle voulait trouver sa voie dans l’agriculture, mais pas dans la viticulture. Pourtant ses parents ne travaillent pas la terre. C’est dans le Sundgau laitier que Margaux Hoffstetter s’est posée, non pour élever des vaches, mais des escargots.

Largitzen. Entre Altkirch et Seppois-le-Bas, un peu plus de trois cents habitants. Au cœur du village, la ferme hélicicole de Margaux. Dans le métier depuis cinq ans, la jeune femme a transformé une ancienne pension de chevaux en boutique habillée de mobilier d’un autre temps qu’elle a réactualisé. Elle occupe les lieux depuis le printemps.

Être dans le monde agricole donc et choisir une filière. En apprenant l’héliciculture, Margaux n’a pas trouvé la facilité. Il faut beaucoup de temps et de patience. Sur une dizaine d’ares, un cheptel de 200.000 escargots. La néo-Sundgauvienne élève le gros-gris (helix aspersa maxima) qui finit sur les tables, un des symboles de notre gastronomie. L’élevage est mature en six mois, aidé par une alimentation spécifique plus avantageuse que ce que le gastéropode trouverait dans son environnement naturel, explique Margaux, entre deux ventes : colza, navette, céréales concassées, végétaux. A la sortie de l’hiver commence la reproduction. A la fin de l’été le ramassage. C’est à l’hibernation que les animaux connaissent leur bain final, ébouillantés dans leur sommeil. Pour parer un escargot, Margaux procédera en sept étapes. C’est l’autre volet du métier, la cuisine. « L’escargot a du goût » assure la productrice, qui propose une gamme de préparations froides et à réchauffer.

Il n’échappera à personne que l’escargot à l’alsacienne reste le plus demandé chez nous ( bouillon de légumes, vin blanc, beurre persillé). A la bourguignonne, on garde l’escargot dans sa coquille au beurre persillé. En coquille croustillante, on croque la fromentine à la bourguignonne et sa version fromagère au comté. Toujours à l’apéritif, le Pick’escargot à l’huile d’olive, avec ail et tomates séchées.

Et puis, les escargots hachés aux épices et ceux au court-bouillon. De quoi satisfaire nombre de palais.

A l’alsacienne DR

Pour compléter son marché, des produits habituels de la ferme comme le potimarron et du vin d’Alsace.

Je n’avais jamais d’appétence pour l’escargot. Peut-être parce que ma mémoire olfactive me rappelait les senteurs aillées des caquelons de papa. C’est chez un héliciculteur bourguignon que j’ai osé une dégustation ces dernières années.
Margaux a fini de me convaincre.

15 rue de Hirtzbach LARGITZEN

RULANTICAP SUR LE NORD !

#rulantica#europapark#parcaquatique

« Rulantica ist fertig ! »* C’est par ce matin humide d’automne que cette exclamation a jailli dans le hall d’entrée converti en éphémère auditorium du nouvel univers aquatique d’Europa Park. Depuis de longs mois voire des années la famille Mack nous promettait un investissement sans précédent. Il est incroyable. 180 M€. C’est le prix à payer pour faire du parc de loisirs N°1 mondial pour la sixième fois (Golden Ticket Award) une destination touristique. Car désormais l’évasion et la détente se savourent à l’année à Ringsheim – Rust.

Nous sommes arrivés par l’hôtel Krønasår– The Museum Hotel, inspiré d’un musée d’histoire naturelle et mis en service au printemps. Le temps de s’accréditer et de percevoir des sandales de bain de bonne facture à l’effigie de l’univers, nous empruntons la voie pédestre pour gagner l’entrée de ce qui s’apparente à une gigantesque St-Jacques.

Des centaines de convives parmi lesquels la figure du ballon rond Joachim Löw vont participer à l’inauguration de la Wasserwelt érigée sous la conduite du Baumanager suisse Charles Botta. Avec la précision helvétique, c’est à 11 H que Rulantica est déclaré officiellement ouvert. Mais pour y accéder, il faudra encore passer par deux heures de discours et d’échanges arbitrés par un animateur en costume ancien. C’est Jürgen Mack qui ouvre le ban, mais Roland, Thomas et Michael auront l’occasion de dire leur mot. Car voilà un projet ébauché en 1996. Il a été mis en eau à l’unanimité familiale, ouvrant un nouveau chapitre de la saga Europa Park. « Quand une personne seule rêve, ça reste un rêve. Mais quand beaucoup se mettent à rêver, ça devient une réalité. » 

Pour son deuxième parc de loisirs, la famille Mack a de nouveau fait les choses en grand. Le chantier majeur du Bade-Wurtemberg ces dernières années, dont il sera un phare, assure Guido Wolf, ministre du Tourisme, qui n’aura de cesse de saluer les merveilles et prouesses architecturales et de souligner le chef-d’œuvre d’ingénierie. Le Tourismusminister rend hommage à ces entrepreneurs audacieux qui ont produit une fabrique de rêve. Rulantica va rendre Europa Park plus attractif encore, attirant plusieurs centaines de milliers de baigneurs bon an mal an pour plus de cinq cents emplois créés.
Dans un avenir à déterminer, il n’est pas malvenu de songer à une desserte ferroviaire de l’ensemble, à l’instar de la route. Malgré les 32.000 m2 aménagés, la préoccupation environnementale est forte. Roland Mack (qui porte ce jour un t-shirt d’opérateur) se réjouit qu’aucune réclamation ne soit parvenue à ses oreilles avec un tel projet. Il rassure la population locale au sujet de la ressource eau. Les robinets de l’Ortenau continueront de couler comme avant. Le propriétaire se souvient qu’il avait initié l’aventure nordique à 47 ans. Il lui aura fallu s’accrocher pendant 23 ans pour fouler la plage de la piscine à vagues. Nombre d’entrepreneurs auraient jeté l’éponge bien avant. Roland appelle un petit bonhomme à la chemise vacancière. James Chip Cleary, consultant senior pour Europa Park, fin connaisseur de la distraction aquatique et ancien président de l’association internationale des parcs de loisirs, l’IAAPA. C’est aussi Franziska van Almsick, la populaire championne de natation, qui va ouvrir (enfin) les portes de cet Eden d’eau que des milliers de testeurs ont découvert avant elle. Comme notre ministre des Sports Roxana Maracineanu, l’ancienne star des bassins appuie l’apprentissage des enfants. La famille Mack fait un beau cadeau aux écoliers du secteur, qui pourront apprendre à nager dans le fabuleux complexe. Auparavant, des hommes d’Église ont apporté la bénédiction à ce nouveau monde et de l’eau du Mont Ste-Odile a été mélangée à celle de l’Ortenau. L’eau est source de vie. Rulantica a bénéficié du meilleur pour chaque recoin. Nous n’aurons eu le temps que de nous poser sur une bouée pour nous laisser aller sur la rivière de détente en compagnie de Snorri, la pieuvre mascotte du site et de monter vers un toboggan vertigineux à trappe…

Le plus : RULANTICA le livre.  Die verborgene Insel» de Michaela Hanauer, Ed. Coppenrath.

Rulantica est achevé !

Les Spätburgunder de l’Ortenau en tenue de gala

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Le Relais & Châteaux Hotel Dollenberg vient d’accueillir le Top Ten d’automne.

Il m’aura fallu deux heures trente pour gagner le Dollenberg depuis Mulhouse par un temps gris d’automne, via Offenburg. Cinq ans après mon premier séjour dans ce palace de Bad Peterstal – Griesbach, l’impression de retrouver la même suite, au 4e étage avec vue sur le parvis et les vallons dépouillés par novembre. Dans moins d’une demi-heure, mon programme prévoit une visite commentée de cave avec Christophe Meyer, le sommelier alsacien du cinq – étoiles supérieur. La séquence s’ouvre sur un crémant de Baden. Sur les coups de 18 heures, le hall de l’hôtel s’emplit. Une centaine de convives crée le brouhaha autour d’un buffet de bienvenue. Les toques blanches se relaient à la trancheuse manuelle de charcuterie, pour un apéritif escorté d’un crémant rosé du terroir. Meinrad Schmiederer, le commandant et armateur du paquebot à flanc de colline, a enfilé une veste traditionnelle pour saluer ses hôtes. Ce soir, le Dollenberg prête sa galerie des glaces au gala Top Ten Spätburgunder Rotwein du Weinparadies Ortenau. La presse n’est pas nombreuse, mais une figure familière me salue. Hansy Vogt, dont j’ai reconnu les traits de son personnage loufoque de Frau Wäber. Le natif de Feldberg est une star de la télé populaire mais d’abord un ambassadeur du Schwarzwald. Il animera le festival. Dans leur costume, les reines de beauté du vignoble s’avancent aussi, Weinkönigin ou Weinprinzessin… L’heure vient de monter pour le dîner. Deux salles ne sont pas de trop pour recevoir l’imposant groupe. On finit par m’installer à une table ronde en compagnie d’une dame et de deux jeunes hommes. Le menu a été élaboré par Martin Herrmann, le chef doublement étoilé du Pavillon au Dollenberg.

Le dîner étant dédié aux Spätburgunder, le cépage roi sera de galante escorte pour ce voyage en cinq étapes, à charge pour le convive de promener son verre de dégustation vers le bar à vins où une dizaine de maisons suggèrent 34 nectars d’ identités variées, du rouge sec aux VT en passant par les vieilles vignes. Un orchestre de trois éléments s’occupe de la partition musicale pour quelques heures. Et fera danser quelques couples. Tardivement arrive un confrère de Schwarzwald Radio, en provenance d’Europa Park.

En fin de soirée il faut publier le palmarès. Deux fois par an, les vins de l’Ortenau sont susceptibles d’être présentés aux concours Top Ten de la région, pour le riesling en juillet et le Spätburgunder en novembre. L’Ortenau est une des neuf régions viticoles de Baden mais la plus primée dans les compétitions. Élever de grands vins c’est assurer des retombées touristiques. En tête des entreprises, Schwarzwald.Wein.Gut Andreas Männle de Durbach remporte le trophée Dollenberg pour la constance de ses performances. Pour les vins, la maison Siegbert Bimmerle de Renchen-Erlach et la cave viticole Hex von Dasenstein GmbH de Kappelrodeck se hissent en tête.

Après la longue séance photo, les tables se vident. Je n’aurai pas eu de café. Mais le privilège de goûter à la nuit du Renchtal après avoir apprivoisé les effervescents de Baden.


09 juillet 2020 Top Ten Riesling Gala

19 novembre 2020 Top Ten Spätburgunder Rotwein Gala

www.weinparadies-ortenau.de

Deux heures à Ribeau

Dégustation pâtissière et interview du maire.

Un début d’après-midi, début de semaine. La ville se remet du week-end prolongé du 11 novembre.

Grand’Rue, le passant est moins nombreux que d’habitude. Je n’ai pas fait cent mètres dans l’artère qu’une tête me revient familièrement : c’est Michèle, l’ancienne vendeuse d’une boulangerie mulhousienne disparue, que je visitais le matin. Elle aurait pu faire du théâtre avec son phrasé de Madame Potins et son regard inquisiteur. Au milieu de deux proches, la voilà qui s’adonne à la balade touristique. Quatre ans ont passé, nous nous sommes reconnus. Elle n’a pas changé d’un cheveu.


Comme il faut déjeuner, je pousse la porte d’une boutique rassurante, Vogel. « Boulangerie, pâtisserie, salon de thé et petits plats ». Je prends place dans l’espace de vente, face aux pains et réalisations sucrées. Je me laisse convaincre par la tarte aux carottes que j’arrose d’un verre de pinot gris. Pour le dessert, ce sera la tarte aux coings. Ma voisine pratique le sudoku, le visage inexpressif. Des badauds scrutent les vitrines. La salle d’à côté est plus animée. Je ne la vois pas.
L’enseigne fête son soixantième anniversaire. C’est sobre et chaleureux. Mais il ne faut être pressé.


14 H sonnent. Avec une jeune femme, j’entre dans l’hôtel de ville. L’agent d’accueil me fait la conversation en attendant le maire. Me détaille les châteaux au mur. L’entrée sent le neuf. Et respire l’histoire. Une des passions de Jean-Louis Christ, qui paraît. Près de dix ans se sont écoulés depuis ce samedi matin où je l’avais reçu dans nos locaux silencieux pour sa première émission en ma compagnie. Aujourd’hui, je viens à lui. Tout député qu’il ait été, le maire des ménétriers a gardé la simplicité des Ribeaupierrots. Nous passerons une petite heure ensemble, il me glissera des anecdotes sur la mairie et notamment dans la salle du conseil aux murs rouges. Un héritage du manufacturier Steiner.

Jean-Louis Christ

Jean-Louis m’indique encore un portrait. Le dernier des Ribeaupierre, une toile qu’hébergeait la sous-préfecture et prêtée à la Ville…qui la restaure à ses frais. Dans cette grande pièce froide dort un poêle à bois particulier surmonté d’une figurine de Napoléon. Les Ribeauvillois furent bonapartistes jadis. Mais quel que soit le régime, ils sont d’abord « ménétriers ». Quant au marché de Noël, il sera médiéval. Il alimentera le Pffiferdàj 2020. Car à Ribeau, la cité compte une centaine d’associations pour moins de cinq mille âmes. Derrière les vieilles pierres, une cité soudée.



La bûche au coin du feu ?

Pour finir le repas de Noël, la bûche pâtissière est de bon goût. En version mousse et glacée pour les Créations gourmandes de la corporation du Haut-Rhin.

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En petit comité il nous a été donné de déguster à moins d’un mois de leur mise en vitrine les bûches festives 2019 de la corporation des pâtissiers chocolatiers glaciers confiseurs du Haut-Rhin. Cette année, Arnaud Zussy de Bollwiller et Christian Bauer de Saint-Louis ont bûché pour les Créations gourmandes. Il est de tradition que les pâtissiers affiliés participent à l’opération. On les reconnaîtra à l’affiche. Ils sont une trentaine aujourd’hui, soit un tiers des membres de la corporation de Jean-Marc Muller.
Chez Arnaud, c’est la bûche en mousse de chocolat du Pérou à 68%, crémeux caramel décuit avec un arôme sans alcool, croustillant et biscuit moelleux. Chez Christian, la version glacée avec sorbet prune de Java et citron, soufflé chocolat ivoire, sablé breton. La première s’appelle « Passion-née » , la seconde « Galaxie« . Elles seront commercialisées après la St-Nicolas, chaque chose en son temps. Il faut compter 4 à 5 € par personne, soit une tranche d’environ 4 cm. A ce tarif, on savoure les ingrédients premium et le savoir-faire de l’artisan qui y met toute son énergie créatrice.
S’il est loin sans doute le temps des bûches aussi lourdes que des enclumes en fin d’agapes, les maîtres du sucre veillent à un final doux. Pour avoir dégusté les deux, je choisirais une tranche de…chaque.

Les Créations gourmandes chez votre artisan pâtissier haut-rhinois participant en décembre.

Arnaud Zussy, Jean-Marc Muller et Christian Bauer

LA CUISINE COLORÉE ET INSPIRÉE DE PASCAL BASSO

ESCALE GOURMANDE DE CHLOÉ BRESSAUD
Blogzine MA MAISON ET NOUS

Un parquet en épis, deux colonnes métalliques au centre, des portes qui en ont vu passer…
« Le Colombier » a été construit dans les murs du restaurant ouvert en 1900 à Bartenheim-La-Chaussée. Dans la passante rue de la Libération, la table de la famille Kaegy reste une valeur sûre du Pays des Trois-Frontières.

C’est un jour de semaine, les 13 H sont passées, mais nous sommes attendues.

Le restaurant à la blanche colombe tourne avec une trentaine de couverts. Il est bien garni à notre arrivée. Avec un menu du jour à partir de 14 € et les nombreuses implantations économiques alentour, la table attire les actifs à midi, de l’ouvrier à l’entrepreneur.

Notre visite mêle affaires et plaisir. De fait, je me projette dans une dégustation. En quête de saveurs nouvelles et de propositions inventives, je choisis sur la carte «  Palomita Iberico aux champignons des bois et ses pommes sarladaises ». Du porc ibérique, des pommes de terre en habit périgordin. Un plat cité dès novembre 2013. Une valeur sûre de fait, servie sur une grande assiette noire à pois blancs et une alvéole d’abeille décorative caractéristique du chef. Pascal Basso finit le service, nous le verrons plus tard. En attendant, pour me faire patienter, il me fait apporter une bisque de homard étincelante. Au service, l’accort Christophe qui officie sous les yeux d’un vieux client, son papa René. Le propriétaire en retraite donnait une cuisine traditionnelle. Avec son œil malicieux, il savoure le bonheur de voir son œuvre perdurer avec un maître des fourneaux formé chez des étoilés du territoire et toujours en quête d’une trouvaille.

Élevé dans la culture méditerranéenne et rivé aux fondamentaux ail et huile, Pascal Basso est un cuisinier devenu pâtissier de créations. Justement le voici qui vient me présenter , dressée sous cloche de verre, la torche aux marrons glacée à la vanille. Des lignes, des serpentins, des rondeurs, des cônes, du coulis, une œuvre d’art gustative. Pascal a disputé des championnats de dessert. Et dans un autre domaine s’est distingué dans le foie gras d’oie d’Alsace voilà quelques années.

Nous étions venues pour un déjeuner de (re)découverte. Ce fut une fête dans une atmosphère bienveillante. Ce n’est pas un hasard si le restaurant s’appelle « Le Colombier ».

Pascal Basso

www.restaurant-le-colombier.fr

Chloé Bressaud

https://www.mamaisonetnous.fr/

JO de Mulhouse : une carpe chez Frédéric

Le plat typique du Sundgau est toujours une fête, même aux Journées d’Octobre.

Quand les jours raccourcissent et que les températures deviennent automnales, il est une bulle d’évasion qui fait le plein à Mulhouse, les Journées d’Octobre. Cette année, 50.000 visiteurs ont convergé vers le parc des expos de la Mertzau lors de la première fin de semaine. Beaucoup d’entre eux s’y sont restaurés.

Pour échapper à la foule du week-end, j’emmène Parinda en début de semaine, aux fins de déjeuner aux JO. La manifestation divertissante de l’automne est d’abord un grand restaurant, essentiellement au Village gourmand. Nous sommes sundgauviens, c’est donc tout naturellement que je propose de nous poser en terre connue, chez nos amis de l’association « Le Sundgau, Routes de la Carpe frite« . Depuis quatre décennies, ses membres restaurateurs régalent le public des JO, se succédant aux friteuses. Aujourd’hui, c’est l’affable Frédéric Stantina qui nourrit les convives, avec sa serveuse et un extra. Il est un peu plus de 13 heures et quelques places sont disponibles. Nous nous glissons au fond, avec pour voisines deux dames dont une bavarde. La carte est très légère : friture de carpe, pommes frites et salade. Un verre de pinot blanc ou une eau d’Alsace elle aussi, le tout pour 15 euros. Le service est rapide, souriant et professionnel.
La dégustation heureuse.

Le restaurant de la Gare Munzenberger de Hirtzbach est sorti de ses murs depuis jeudi. Plutôt que de mettre de la publicité dans un journal, Frédéric préfère investir dans un stand et récupérer la mise. Les JO assurent la fréquentation. Et les amateurs de carpe sont nombreux. Ici, c’est à la Royale, semoule, pavot et sésame. Le chef sundgauvien revoit des clients perdus de vue, d’autres fidèles et séduit des prospects autour du plat emblématique de son terroir. Pour la recette, une recommandation de Frédéric : une huile à bonne température et des produits frais. Sa carpe arrive des viviers de la pisciculture Kohler de Friesen.

La maison Munzenberger finit le service aujourd’hui.
Elle passe le relais à L’Arbre vert d’Eglingen puis à l’Auberge de l’Abbaye de Lucelle, avant de revenir pour fermer les JO. Trois restaurants investis pour leur association qui n’en fédère pas beaucoup plus. Nombreux sont ceux qui cuisinent la carpe frite, tous profitent de la promotion assurée par ces chefs dévoués qu’on recommande d’abord.

Les Journées d’Octobre de Mulhouse jusqu’au 13.

Le restaurant de la Gare Munzenberger est fermé tout le lundi et le jeudi soir.

JO de Mulhouse : Journées d’OElenberg

Première participation de l’abbaye cistercienne au rendez-vous gourmand de l’automne

Au détour d’une allée, dans le Village gourmand, une nouvelle enseigne aux Journées d’Octobre.
« Abbaye Notre-Dame d’OElenberg ». Derrière le stand, un visage qui m’est familier. Philippe Lizier, le responsable des activités économiques du monastère de Reiningue. Je l’avais déjà vu au magasin monastique, le seul du genre équipé de caddies, m’apprend-il.
Il est loin le temps où les moines étaient près de deux cents aux portes de Mulhouse. Ils ne sont plus dix aujourd’hui, mais un jeune novice fait sensiblement baisser la moyenne d’âge. Les priants n’ont pas pour habitude de fréquenter la boutique qui les fait vivre. Les affaires économiques d’OElenberg sont entre les mains d’une association employant une quinzaine de salariés. Ces derniers s’occupent des champs, plus de 80 ha, d’une petite forêt, du moulin, du potager, de la biscuiterie.

Le magasin monastique propose une vaste gamme de produits locaux et d’autres communautés religieuses. La farine, les nouilles désormais sous marque déposée Delectamenti (« les délices ») en raison de la législation sur les pâtes, les meringues, les biscuits, les tartes de Linz, autant de spécialités de l’abbaye mulhousienne que nous retrouvons actuellement aux JO.

L’association avait déjà quitté ses murs pour des salons dédiés au made in France à Sélestat et Belfort. Les retours ont été enthousiastes.

Philippe retrouve des clients perdus de vue, attire les prospects et élargit la zone de chalandise de la petite entreprise qui a toujours besoin de l’aide extérieure. Un menuisier a été recruté qui a la charge des fenêtres du site et veille aux charpentes.

« Abbaye Notre-Dame d’OElenberg ». Une reposante escale dans le brouhaha des JO de Mulhouse jusqu’au 13 octobre.

En attendant les Journées d’Octobre

27 septembre. A moins d’une semaine des Journées d’Octobre, le parc des expos de la Mertzau est un chantier animé dans sa partie folie’flore. Des dizaines d’intervenants s’activent pour habiller les décors du grand show floral qui a sauvé la manifestation automnale mulhousienne. Près de vingt ans que la magie opère. Cette année marque le retour des fruits, légumes et fleurs avec l’Interprofession Fruits et Légumes d’Alsace. Elle fait des envieux l’IFLA, car elle peut régulièrement donner une vitrine à ses productions et à ses producteurs. Parce qu’il faut toujours surprendre pour garder son audience, les JO ont acquis des structures métalliques auprès de la Ville de Menton qu’il faut vêtir ici non pas d’agrumes mais de fruits d’Alsace. Autre investissement, une plateforme donnant sur une esplanade dédiée aux monuments alsaciens. En quelques semaines, la plaine froide du parc-expo est métamorphosée en univers végétalisé féerique.


Pour la première fois depuis dix ans, l’association organisatrice des JO présente sa manifestation au cœur de l’événement en éclosion. Nous avons aussi la primeur de la table Folie’Saveurs, le restaurant éphémère niché dans les jardins sous la palette d’Henri Gagneux, le chef inspiré de Wettolsheim. Que le spectacle commence !

Les Journées d’Octobre de Mulhouse, du 3 au 13 octobre.

Sébastien Naegelin, un capitaine d’excellence

Ils se comptent sur les doigts d’une main dans le secteur. Désormais, Cernay a son poissonnier indépendant.

Sébastien Naegelin

Le jour du poisson, c’est le vendredi. Pourtant, c’est un lundi que Sébastien Naegelin a ouvert son commerce de la mer rue James-Barbier à Cernay dans le Haut-Rhin, à proximité de l’hôtel de ville.

« La Capitainerie » jouxte « La Vie Claire » que tient sa compagne Céline Boetsch. La petite poissonnerie a été aménagée dans un local attenant au magasin d’alimentation bio. Il fallait saisir l’opportunité.

A 39 ans, Sébastien n’est pas un mousse. Boulanger-pâtissier à ses débuts, il finit par embarquer un jour sur un chalutier breton qui avait besoin de main-d’œuvre. Un petit bateau de pêche artisanale sur lequel, deux saisons durant, le jeune homme va apprendre le métier sans jamais avoir le mal de mer, confie-t-il. C’est le temps des filets maillants et de la découverte des espèces. De retour sur la terre ferme, Sébastien intègre l’école de la mer d’une grande marque de distribution et va travailler à la poissonnerie. C’est l’apprentissage de la grande surface. Désormais, c’est lui qui tient la barre et fixe le cap, faisant son marché à la criée. Comme ses pairs, il est approvisionné au jour le jour et propose à l’ouverture une cinquantaine de références, céteau, chinchard, requin bleu, moules de Cancale, saumon bio… Les rillettes de saumon et le saumon fumé à l’ancienne comptent parmi les spécialités maison. Au besoin, Sébastien peut assurer la cuisson. Si le cabillaud est le plus vendu, la saison est favorable au bar de ligne en croûte de sel, au poisson de roche et à la queue de lotte, explique l’artisan auréolé de prix d’excellence (Poissonniers de France et Gourmets des Régions). Pour la mise en route du magasin, Sébastien a le concours ce lundi d’un souriant commis. En face de l’étal, un vivier où barbotent des tourteaux, des homards bleus et une langouste. Cette dernière fera le bonheur de gourmets pour 150 € à la louche.


Dans trois mois, les poissonniers seront particulièrement sollicités.
Sébastien Naegelin sait d’où il vient et ce qu’il présente. Il a hâte de partager sa passion avec la clientèle locale. Un poisson, même mort, ça se respecte.

La Capitainerie à Cernay (68) 🐟🐟🐟

#lacapitainerie#poissonnerie