Saveurs ashkénazes sur kelsch

Une fin d’après-midi printanière dans le vieux Colmar, entre St-Martin et St-Matthieu. Il ne m’attend pas je pense, qui devise sur le pavé : Jacques Geismar va m’initier en son établissement « Le Flory ». C’est jour de retrouvailles car voilà encore Monique Lévy-Scheyen, qui s’occupe de la médiatisation de l’événement. « 3e semaine de la cuisine judéo-alsacienne ».


J’avais rencontré Jacques dans son affaire de Turckheim ces dernières années. Il est le dernier boucher–charcutier -traiteur artisanal de la ville au veilleur de nuit. Il s’est diversifié notamment avec ce restaurant-winstub de la rue Mangold, qui lorgne discrètement sur la place de la Cathédrale. Nous entrons alors que les premiers convives se présentent. Je suis confus de n’avoir pas vu la serveuse qui me salue, affairé à mon reportage.
Comme toute winstub, l’endroit est chaleureux. Les fresques murales indiquent la bonne chère. Autour d’un verre de pinot gris et d’un carré de matza (le pain traditionnel juif non levé) au curry et à la betterave, Jacques et moi échangeons sur les pratiques culinaires. Il s’en va parfois saluer un client et me présente sa maman. La famille est capitale. Elle lui a confié les rênes de la boucherie et enseigné les recettes qu’il met un point d’honneur à restituer.

« On se tapait dans la main »

Jacques est issu d’une lignée d’artisans de la viande. Il se passionne pour une cuisine faite de mélanges culturels entre apports de migrants de l’Est et préparations locales. Il se souvient de ces marchands de bestiaux qui fendaient la campagne et ne mangeaient pas de porc. C’était le temps où « toutes les cultures vivaient ensemble dans le respect de l’autre ». Avec le brassage des migrations, la cuisine juive s’est mélangée au couscous, mais « elle parle toujours, elle fait chaud au cœur ». Pour le boucher – restaurateur, elle a autant sa raison d’être que celles venues d’Orient ou celles de la transition écologique à base d’insectes, qui ne l’ont pas convaincu. Il faut en consommer des grillons pour faire le plein de protéines…
Pour sa semaine de découverte, Jacques a aussi invité Patrick Garnier, qui avait transité par la collection Schlumpf à Mulhouse, pour une séquence café – schnaps. A l’époque, quand une affaire était conclue, une poignée de main suffisait, raconte notre hôte. Les paroles s’envolaient, les actes étaient solides.

Entre-temps, un plateau a été posé sur la nappe à carreaux avec un assortiment de spécialités maison : pâté de foie de volaille (gehackte Leber), Ei und Zwiebel (œuf dur et oignon haché), Pickelfleisch (poitrine de bœuf saumurée et cuite au bouillon) et le célèbre Pastrami (poitrine de bœuf saumurée cuite dans une croûte d’épices) connu rue des Rosiers à Paris. Des produits qui remplissent la winstub mais qui sont proposés toute l’année chez le « charcutier artiste » décrit par Gilles Pudlowski.

Je suis venu comme un quidam ou presque, j’ai été reçu comme un ami. Le bonheur est à table, entre pinot et mets ashkénazes. En partant, j’ai raté le concours du meilleur Zimmetkuche (gâteau à la cannelle). Dans cette rue Mangold, avoir Jacques Geismar, ça vaut de l’or.

Une maison vietnamienne

29, rue de la Krutenau dans le quartier éponyme connu des vrais Strasbourgeois pour ses bonnes adresses. La friche de l’ancienne manufacture de tabacs est tout près et en devenir. C’est dans cette voie sans doute bientôt piétonnière que Jean-Louis Le (Lê originellement) a choisi de poser un coin de Vietnam pour partager et perpétuer un héritage familial. Mai Saigon.

Jean-Louis est un entrepreneur de 32 ans. Né au pays du dragon, dans la région de Saigon, il est arrivé en France avec sa famille parmi la diaspora proche de l’Allemagne. Après ses études, il retourna aux origines et travailla dans le voyage et le bar. Mais en revenant en France, il a ressenti le besoin de poursuivre l’œuvre de sa famille, investie dans les métiers de bouche de longue date. Jean-Louis ne cuisine pas, laissant ce travail à son experte de maman qui a assimilé les différents terroirs de son pays. La maîtresse des fourneaux est secondée par Le Thi Minh Xuan, sa belle-fille. Un petit bout de femme au doux visage qui va me faire goûter les crêpes vietnamiennes farcies au porc. Une délicate et agréable préparation. Le Dac Thang vient me saluer. C’est le papa, propriétaire des murs et apporteur de fonds. A Jean-Louis la salle, le marketing et la gérance. L’effectif peut atteindre les 8 contrats. Les collaborateurs sont tous du même pays d’origine, au nom de la cohérence.

« Voyage du Vietnam à l’Alsace »


Jean-Louis n’a pas mis l’accent sur la décoration, jouant la sobriété. Les références au pays sont là, discrètes. Les lampions égaient le mur gris.
Il annonce une quarantaine de couverts, il pourrait en ajouter bien plus, mais il privilégie le confort et la qualité du service. La cuisine est visible de la salle, il faut rester proche du convive auquel une carte restreinte est proposée. 6 plats emblématiques, dont le
phở, le plat national par lequel débute la journée. Ou encore le bò bún, autre incontournable. Pour le dessert, la cheffe appelle encore des valeurs sûres comme le gâteau à la banane. Je n’aurai pas le loisir de la table ce midi, l’établissement ne rouvrant que ce soir, mais le jeune dirigeant me concocte rapidement son apéritif maison, un jus de mangue sur du gewurztraminer aux graines de basilic thaï. Les vins d’Alsace sont en bonne place sur la carte, ceux du Vietnam ne soutenant pas la comparaison selon Jean-Louis. Du reste, ils seraient chers à l’importation. Sinon, la bière de Saigon pour les amateurs.

A l’issue de notre entretien, Jean-Louis désigne un tableau et traduit. « Chaque moment est un cadeau de la vie ». Cette rencontre apéritive aussi.


Restaurant Mai Saigon 29, rue de la Krutenau Strasbourg

Des frites au Berlaymont Café

🍽🍺🍷 ❤❤❤

Mercredi 6 mars. Je vais passer deux jours à Bruxelles à l’occasion d’un séminaire consacré aux institutions européennes. Mes confrères et moi séjournons à l’hôtel Thon EU mais j’ai envie de prendre un moment déjeuner en dehors d’une tour d’acier et de verre, dans un endroit du vieux monde. Cela ne me semble pas trop difficile dans ce quartier européen où les buildings de l’Union voisinent avec des bâtiments d’un autre temps. A deux pas de la Commission européenne, un café-brasserie se dresse devant moi. Je lorgne sur le plat du jour et entre. Berlaymont. Comme l’immeuble où je vais m’accréditer dans une heure. Il est 13 heures et quelques minutes.

Une souriante jeune femme s’occupe de moi sans délai, m’indiquant plusieurs tables. Je choisis la banquette du fond, curieusement derrière la caisse. L’établissement est bien garni. Beaucoup d’actifs travaillant dans le secteur manifestement. Je voulais observer un tant soit peu l’entrée dans le Carême en faisant l’impasse sur la viande mais je n’ai pas faim de poisson et encore moins d’une salade végétarienne. Je commande le plat de boulettes sauce tomate. La sympathique serveuse me dira qu’il s’agit de porc. Je rattraperai le mercredi des Cendres demain. L’assiette ne tarde pas à arriver. Trois boules dans leur bain rouge. Et surtout, nous sommes en Belgique, des frites ! Un repas goûteux que j’arrose d’une eau du pays, Val.

Je considère la fontaine, le décor et le plafond. Sur les vitrines il est annoncé « nouvelle direction ». Je n’avais pas beaucoup de temps, mais j’ai aimé cette brasserie accueillante et chaleureuse. Une bonne adresse si on en croit les sites de recommandations. J’y ajoute la mienne.

Berlaymont Café Brasserie

rue Archimède 8

1000 Bruxelles

Berlaymont by night . Photo DR

Les shiitake de Docelles, à la japonaise

Marco Demacon, producteur

Docelles dans les Vosges. La cité papetière pendant quatre siècles. Sur la friche Lana, Marco Demacon est un des nouveaux visages de la réhabilitation du site.

Au début des années 2000, la saga du papier à haute valeur ajoutée s’arrêta dans cette commune au sud-est d’Epinal. Depuis, une grande partie du bâti a été rayé du paysage. Marco occupe les anciennes salles de tri de Lana. Il nous attend dans une forêt de bûches par un maussade après-midi.

Sur la bordure métallique blanche à l’entrée, il est écrit en grandes lettres noires « Champignons shiitake ». Marco Demacon a été chef d’entreprise pendant une quinzaine d’années à Cheniménil, dans le même secteur. Malheureusement il y a tout juste 5 ans, un incendie accidentel emporta son ébénisterie alors qu’il devait embaucher 11 personnes… L’entrepreneur décida de tourner la page, lui qui avait fait des études biologiques et forestières et été dans la vente.

10.000 bûches

Depuis 2015, il s’est construit un nouveau monde, comme une pépinière, sauf qu’il s’agit de bûches de bois méticuleusement alignées et entretenues. 10.000 pièces tirées des chênes vosgiens, proches de ceux du Japon où pousse le shiitake. Le champignon asiatique est le 2e au monde en terme de production. Il est d’abord cultivé en Chine. S’il est très connu en Asie, c’est parce qu’il contient de nombreux minéraux et vitamines, le principal composé actif étant le lentinane, sucre réputé anticancer. Le biologiste qu’il a été se sera intéressé évidemment aux propriétés du végétal qui accompagne les Chinois depuis l’Antiquité. Marco, qui offrait un terrain favorable à la grippe se souvient-il, semble préservé depuis qu’il consomme ses shiitake. Il est convaincu que les champignons parfumés renforcent le système immunitaire, outre les autres bienfaits, comme la lutte contre le mauvais cholestérol. Il les recommande aussi pour le sport.

Chaque bûche est trouée et ensemencée par une souche naturelle importée du Japon. Le mycélium pénètre lentement le bois des Vosges. Une incubation d’une année dans le noir. Puis une année d’acclimatation à la lumière. Le travail est long et minutieux. Marco a choisi la méthode traditionnelle nippone pour élever ses shiitake. La paille étant le procédé des industriels. L’entreprise est en développement, son dirigeant estime qu’elle ne sera viable qu’à partir de 15.000 bûches. Mais Marco voit beaucoup plus grand. IL recherche 6 hectares de forêt pour implanter 400.000 pièces dans les 5 ans. Cette activité lui permettrait de créer une dizaine d’emplois plus plusieurs dizaines de contrats saisonniers.

Les shiitake sont récoltés essentiellement au printemps et à l’automne. Le reste en été. Dans l’immense halle de l’ancienne papeterie, il faut veiller à garder 70% d’humidité. Les 3000 m2 du toit permettent de récupérer l’eau et de la filtrer. Si 2018 n’a pas été une grande année pour la récolte, le parc de bûches peut tirer 800 à 1000 kilos de végétaux par an, à raison de 100 grammes par bûche en moyenne.

Les shiitake cueillis sont vendus frais, séchés à 48° et en poudre. Si Marco a été attiré par les qualités thérapeutiques du champignon connu dans le monde entier, il n’a pas été insensible aux arguments gustatifs. Le shiitake fait merveille avec les rôtis, s’insère dans les nems, relève une pizza et parfume une soupe.

Seul dans sa champignonnière, Marco Demacon respire la sérénité. Si les shiitake lui ont redonné du tonus, la culture à la japonaise semble aussi bénéfique à son mental. L’homme du bois est un des quatre producteurs européens de champignons dans la tradition nippone.

DM Champignons à Docelles dans les Vosges.

Le saké, ce méconnu

Kaoru IIDA et Pascal LEONETTI

A l’occasion de Japonismes 2018, plusieurs événements ont célébré récemment la gastronomie japonaise dans l’Eurométropole de Strasbourg, dressant un panorama haut en saveurs du savoir-faire nippon. Au lycée hôtelier Dumas, lycéens et étudiants ont pu apprendre le bouillon dashi, se familiariser avec les couteaux du Levant, découvrir la pâtisserie traditionnelle à base de haricot. Au CEFPPA Zeller, les professionnels ont pu déguster le bœuf wagyu. Quant au grand public, il a participé nombreux au délicieux mariage du saké japonais avec des produits du terroir français à la librairie Kléber, avec le caviste Au Millésime et le JETRO Paris, l’organisation du commerce extérieur au Japon.

Samedi, fin de matinée, espace de conférences de Kléber. La salle est pleine, il fallait s’inscrire. Le public est plutôt jeune adulte. A sa gauche, des tables sur lesquelles sont disposés les mets à accompagner. Devant lui, la scène occupée par trois nez, Michel Falck, caviste; Pascal Leonetti, meilleur sommelier de France 2006 ; enfin Kaoru Iida, sommelière en saké. L’accueil est attentionné, chacun a son verre et Hanako l’hôtesse prend soin de me faire rattraper ce que j’ai raté comme je suis venu en retard.

On attaque au Dassai 39, produit en préfecture de Yamaguchi, pour arroser un comté 18 mois d’affinage de la Maison Lorho. Belle entrée en matière pour mon palais. Pour le saumon à l’aneth et à la badiane des Papilles Gourmandes de Pfaffenhoffen, un Shuhari Gohyakumangoku de la région de Kyoto. Chaque dégustation est commentée par les experts. Arrive le foie gras du Ried de Francis Claude qu’un Uroko sublime. Il provient de la préfecture de Tochigi. L’apothéose est pour le chocolat de Thierry Mulhaupt, en justes noces avec un Kokoku 2011. Un saké millésimé, donc d’exception, produit en préfecture de Shiga. Tomita Shuzô est une des plus vieilles maisons de l’archipel. Mon coup de cœur sans doute, ce cru ambré titrant 16% d’alcool.

Que retenir de ce séminaire ? Qu’il a manifestement conquis le public. Les sommeliers ont rappelé que le saké n’est pas reconnu à sa juste valeur alors qu’il peut se consommer comme un vin dont il est proche mais différent. Plus d’un millier de sakagura (1) produisent encore la boisson issue de la fermentation du riz. Le saké s’apprécie avant, pendant et après le repas. Il peut se déguster frais, chambré ou chauffé. Il s’accommode avec les préparations occidentales, fruits de mer, fromages, légumes frais… Pour les intervenants, il faut mettre 30 € environ pour une bouteille digne de ce nom. Le Kokoku est proposé au Millésime à 73 €.

Pour Pascal Leonetti, le saké a atteint une qualité telle qu’il peut être envisagé sur nombre de cuisines. Suivez son conseil : essayez de piéger vos convives en le proposant sans le dévoiler. Aucun invité ne saurait vous sacquer.

http://www.jetro.go.jp/france/topics/_385673.html

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Apprécier avec modération.

(1) maison de saké

Brûlez pour la soupe de farine

Topinambours, panais, crosnes, rutabagas…Les légumes anciens reviennent avec leurs saveurs particulières. Je me suis dit que comme le vintage était moderne, pourquoi ne pas fouiller dans ma mémoire pour puiser une recette de grand-mère Maria…
Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de mahlsuppa, la soupe à la farine rôtie. Il est vrai que mamama s’en est allée il y a plus de trente ans, emportant avec elle ses plats inoubliables. Mais nous avons tous eu ou avons encore une mamie cuisinant comme un chef.

La mahlsuppa de mon aïeule était couleur marron. Ce soir, après une longue préparation mentale, je me suis décidé à en faire une à mon tour, la première de ma vie culinaire. Elle ouvrira une longue série j’espère, tant les variantes sont nombreuses.
Carnaval approchant à grands pas, je me suis intéressé à la version bâloise. Car la Basler Mählsuppe se sert pendant la Fasnacht, les trois plus beaux jours des Bâlois, bien qu’elle se consomme toute l’année. Pourtant, si les Romains la préparaient déjà, on disait jadis que la soupe de farine était un plat de pauvre. Qu’importe. Il ne tient qu’à nous de l’enrichir d’un légume, d’une herbe, d’une épice. Personnellement, j’ai ajouté un peu de muscade ce soir. Mais je n’ai pas forcé sur la cuisson de la farine, pour ne pas la brûler, ce que les puristes me reprocheront peut-être. Ah, autrefois, on disait aussi qu’une fille était prête au mariage si elle savait réaliser une Mählsuppe… On passe en cuisine ?

Pour régaler quatre convives, il vous faut :

5 cuillères à soupe de farine (blé,seigle ou maïs)

60 g de beurre

1 oignon

1 litre de bouillon de viande

sel, poivre

Une cuillère de vin rouge

100 g de gruyère râpé

Progression

Dans une casserole, faire brunir la farine, couleur noisette.
Ajouter le beurre et l’oignon émincé, faire revenir.

Mouiller au bouillon froid, porter à ébullition, laisser mijoter une vingtaine de minutes.

Rectifier.

Verser le vin et mélanger.

Avant de servir, parsemer la soupe de gruyère.


Et, en période de carnaval, décorer la table de serpentins.

DR

CHOCOLATS GRANDS CRUS

Avec « Strasbourg mon Amour » et la commerciale Saint-Valentin, les boutiques de chocolats ne devraient pas désemplir dans la capitale régionale. Au cœur du Strasbourg touristique, j’ai découvert une nouvelle enseigne pleine de douceurs, Le Lautrec.

C’est une petite boutique située à deux pas de la cathédrale,  juste en face de la célèbre maison Kammerzell. Un emplacement enviable, ce 13, place de la cathédrale, avec son flux ininterrompu de visiteurs. Mais discutable aussi, les nids à touristes n’étant pas les moins chers. Pourtant, ici on annonce du haut de gamme accessible.


Aux chocolats belges de Leonidas succèdent ceux d’un artisan français qui s’est fait un nom en Auvergne, Claude Déat. Avec son épouse Elizabeth, l’entrepreneur de Chamalières est aujourd’hui à la tête d’une huitaine de points de vente dont Strasbourg le dernier, le premier aussi hors de la région Auvergne – Rhône – Alpes. Que vient chercher le chocolatier puydômois dans la capitale du Grand Est ? Une opportunité. Mais surtout un point de chute proche d’un partenaire. En Alsace, Claude Déat fait équipe avec le  Mulhousien Pascal Brunstein (maison Caprices), MOF et champion du monde de chocolat 1993. Le consultant international est un expert du décor. Et c’est sa belle-fille Pauline qui tient la boutique strasbourgeoise. Son fils s’étant occupé du design du commerce, plein de rondeurs. La couleur orange mariée aux teintes du bois ouvre l’appétit pour ces trésors gustatifs. 

Le Lautrec Strasbourg est spécialisé dans les chocolats et les macarons. La marque de fabrique de l’enseigne est le grand cru. Qu’ils soient de plantation ou de terroir, les 10 grands crus se déclinent en pistoles et en tablettes. Le fabricant auvergnat se revendique « 1er chocolatier 100% Origines », de la ganache à l’enrobage. Palets, dômes et pralinés véhiculent les saveurs d’Amérique, d’Afrique et d’Océanie. La ganache de Sao Tomé que me sert Pauline envoie des notes iodées et intenses. Celle du Mexique sera suave et cacaotée. Pour les plus gourmands, Perle d’Asie par exemple, qui marie praliné et confit de yuzu…

Pour la fête des amoureux, Claude Déat propose entre autres  le coffret de macarons. J’ai préféré succomber au  Philtre d’Amour, moulé à la main au chocolat mexicain.

De quoi « tomber irrémédiablement amoureux » de mon épouse avec qui je vais le partager. Le chocolat, un grand voyage. 


Le Lautrec à Strasbourg.

http://www.lesorigineslelautrec.com 

Crémant d’Alsace: « Le Puits du Moine » au firmament

Depuis 2006, la Cave vinicole Les Faîtières d’Orschwiller – Kintzheim (Bas-Rhin) participe aux Effervescents du Monde°, confrontation internationale organisée par l’association Forum Œnologie. Elle s’est hissée dans le Top 10 en novembre avec un crémant.

La 16e édition avait pour cadre en novembre l’Ecole hôtelière du lycée Le Castel à Dijon. La manifestation se veut « unique par son ampleur, sa méthode, donc son ambition ». Pendant trois jours, plus d’une centaine d’experts – jurés internationaux ont passé en revue près de six cents échantillons d’une vingtaine de pays. Un collège expérimenté, divers, professionnel, opérant avec méthode et sens.

Chaque dégustateur est lui-même soumis à notation, pour une organisation sans faille.


Effervescents du Monde° applique la trilogie diversité, qualité, rigueur. De par sa forte participation, la France a cherché de très nombreuses médailles, mais le Brésil, l’Espagne, l’Italie, la Moldavie et la Suisse sont remarqués. Le jury aura relevé une nette amélioration de la qualité sur pratiquement toutes les productions en vins d’appellation et en vins mousseux de qualité.


196 médailles ont été attribuées, dont 33 d’Or. Cette année, le champion est un prosecco, Doc Masottina Treviso Brut, devant les Français, champagnes et crémants. Le Puits du Moine Brut de la Cave Les Faîtières se classe dans le quinté, seul crémant d’Alsace  du Top 10. L’effervescent fait honneur aux terroirs d’exception où croît le grand cru Praelatenberg, qui renvoie aux moines vignerons de l’abbaye d’Ebersmunster…
André Maldonado et son équipe héritent ainsi d’un surcroît de notoriété après de « très belles » vendanges et ajoutent une sixième médaille d’Or à leur palmarès Effervescents°. Cela aide pour les ventes qui représentent près d’un cinquième du chiffre d’affaires au pied du Haut-Koenigsbourg. Car si les bulles d’Alsace sont en effervescence, le cava et le prosecco commencent à grignoter des parts de marché. 



Le crémant Le Puits du Moine MO Effervescents du Monde° est désormais disponible à la vente et à la dégustation gratuite.



Cave vinicole Les Faîtières à Orschwiller – Kintzheim


http://www.effervescents-du-monde.com

Trois « flamm » au Gruber

🍽 🍺 ❤❤

Premier samedi de février. Au voisinage de la Place Kléber, Strasbourg. Les 13 heures sont bien entamées alors que nous n’avons pas déjeuné.
En quête d’une winstub, nous choisissons Le Gruber, « La Brasserie Alsacienne » de la rue du Maroquin. A deux pas de la cathédrale, dans le nid à touristes de la capitale du Grand Est. A l’entrée, un vieil accordéon.
Les tables sont habillées de kelsch d’Alsace, le décor ne fait pas de doute, nous sommes dans une maison alsacienne. Nous montons au premier, près d’un couple anglo-saxon qui finit son déjeuner. Un groupe japonais arrive. L’étage est quasiment complet.

Le Gruber est un établissement de plusieurs salles sur plusieurs niveaux, dont un caveau de dégustation. La bâtisse classée est remarquable avec son oriel, mais nous ne sommes pas en visite patrimoniale, il faut manger maintenant. Ici, le service est continu fort heureusement et les tartes flambées sont réalisées au rez-de-chaussée devant le public. Ce sera mon choix, un menu Atout Flamm , histoire de voir ce qu’on propose à Strasbourg. Une trilogie entrée / plat / dessert pour 15,50 €, le prix de notre demi-bouteille de riesling Lorentz 2017. Une demi-tarte aux cèpes généreusement arrosée d’huile d’olive, une tarte entière classique aux lardons, une demie aux quetsches pour finir. Le serveur porte la cravate, il est dynamique et souriant. Malheureusement il faut se montrer patient dans ce restaurant fréquenté. Mettons le temps à profit pour considérer les éléments d’architecture de cette demeure ancienne, les nombreux objets qui l’occupent et les boiseries massives.

Il est 15 heures quand nous quittons Le Gruber. Je le recommande aussitôt à des touristes consultant la carte.

La carte de l’établissement comporte une petite dizaine de spécialités, de la bouchée à la reine au fleischkiechle en passant par le baeckeoffe aux trois viandes et le waedele.

http://www.legruber.com

Les arômes de La Confiserie bressaude

Dans les grandes surfaces et ailleurs, qui n’a pas vu la boîte ronde décorée de sapins à la marque « La Vosgienne » ? Immédiatement on se dit que ce produit est fabriqué dans les Vosges voisines quand on est alsacien. Or il n’est pas vosgien. Mais il contribue au succès du vrai bonbon façonné de l’autre côté de la ligne bleue. Je vous emmène à La Bresse, tout près de l’Alsace.

Route de Cornimont. Un grand magasin aux vitrines gourmandes. La Confiserie bressaude. Une des maisons du bonbon artisanal à voir quand on passe dans le secteur. Sitôt entré, sitôt attiré par l’atelier de fabrication. En trois quarts de tour d’horloge, un animateur va raconter la confection d’une douceur. Par ce matin pluvieux, c’est Denis qui se prête à l’exercice auquel il est rompu depuis de longues années. Le gaillard prolixe nous accueille devant les lourdes bassines en cuivre. Un sirop est en route. Pour 8 kilos de sucre cristallisé, 2,6 litres d’eau et 4 kilos de glucose chauffés à environ 140° pendant 50 minutes. La préparation se fera au grand cassé, Denis vérifiant en trempant son doigt dans le mélange bouillonnant. L’habitude.

Sur le plan de travail voisin, il étale la pâte et incorpore le parfum. Une bouffée d’eucalyptus nous enveloppe. Une machine prend le relais pour travailler la masse lisse qui alimentera la chaîne à bonbons, la forme de ces derniers étant donnée par un cylindre en bronze choisi par le sucrecuitier. Les brisures sont recyclées et le bonbon final sortira d’un panier tournant après enrobage de sucre liquide. Il se conservera plusieurs mois au sec.

La Confiserie bressaude produit plusieurs tonnes de bonbons au mois, les classiques étant les plus demandés, à commencer par les sapins des Vosges. Les visites de l’atelier de fabrication se font en journée à partir de 10H. Elles sont gratuites et vous donnent d’entrer dans le secret des confiseurs d’antan. Près de 200.000 passages annuels font de la PME de Bertrand Kieffer une des entreprises les plus fréquentées du grand public en France. Après avoir écouté notre nouveau copain Denis, on n’a plus qu’à flâner dans la boutique , caverne d’Ali Bonbon. Et pour une fois, vous avez un produit de qualité made in France qui ne coûte pas bonbon.

La Confiserie bressaude 3, Route de Cornimont à 88250 La Bresse.
www.la-confiserie-bressaude.com #Confiseriebressaude