Certains écoutent pousser les arbres. Richard Thiery se consacre à la délicate culture du safran, pour lequel il a changé de vie.

Docelles, berceau du papier européen et ses friches. C’est ici que commence mon voyage de presse sur la thématique « Des cadeaux originaux made in Vosges ». Sur l’ immense chantier de réhabilitation de la défunte papeterie Lana. Une grande partie de l’usine a disparu, le reste est à rénover. Il y en a pour des millions d’euros.
C’est dans un bâtiment froid au bord du Barba que je fais la connaissance de deux entrepreneurs, dont Richard Thiery. Il est safranier.
Natif de Neufchâteau, Richard Thiery aurait pu emboîter le pas à son père cuisinier qui l’a mis au parfum des fumets. Il n’est pourtant pas loin des grandes tables, fournisseur d’une quarantaine de chefs.
C’est en Alsace, à Saint-Hippolyte, que le Vosgien a fait son apprentissage du safran, l’épice la plus laborieuse et la plus convoitée du monde.
En renonçant à une vie professionnelle stable, Richard s’est mis à la culture du crocus sativus, par passion plus que par raison, car aujourd’hui encore il n’en tire pas fortune.
Crocus d’automne
Le floriculteur a trouvé un terrain favorable à son activité, à Plombières-les-Bains, la cité thermale de Napoléon III. Sur les hauteurs, il travaille un demi-hectare. Les bulbes se plantent l’été, la fleur s’éveille en septembre, les pistils se cueillent en octobre. Pour un gramme de safran, il faut jusqu’à deux cents crocus. On comprend aisément pourquoi il est question d’or rouge. Un travail de patience et dont la qualité se mesure au séchage. Richard effectue cette opération à température ambiante. Son épice n’est pas coupée avec d’autres ingrédients et ne subit pas de déshydratation industrielle. Les grands cuisiniers ne s’y trompent pas.
Richard Thiery travaille sous la marque « Safran des Payoux ». Il utilise l’épice volontiers dans les produits salés, comme la fleur de sel. Dans l’entrepôt désaffecté aujourd’hui , il propose une dégustation. Le safran se révèle dans les breuvages et les miels. Un apéritif stimulant avant de reprendre la route des saveurs vosgiennes.
Le « Safran des Payoux » est disponible chez le floriculteur plombinois. Et sur certains marchés du département.










