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Elle a grandi dans le vignoble colmarien. Elle voulait trouver sa voie dans l’agriculture, mais pas dans la viticulture. Pourtant ses parents ne travaillent pas la terre. C’est dans le Sundgau laitier que Margaux Hoffstetter s’est posée, non pour élever des vaches, mais des escargots.
Largitzen. Entre Altkirch et Seppois-le-Bas, un peu plus de trois cents habitants. Au cœur du village, la ferme hélicicole de Margaux. Dans le métier depuis cinq ans, la jeune femme a transformé une ancienne pension de chevaux en boutique habillée de mobilier d’un autre temps qu’elle a réactualisé. Elle occupe les lieux depuis le printemps.

Être dans le monde agricole donc et choisir une filière. En apprenant l’héliciculture, Margaux n’a pas trouvé la facilité. Il faut beaucoup de temps et de patience. Sur une dizaine d’ares, un cheptel de 200.000 escargots. La néo-Sundgauvienne élève le gros-gris (helix aspersa maxima) qui finit sur les tables, un des symboles de notre gastronomie. L’élevage est mature en six mois, aidé par une alimentation spécifique plus avantageuse que ce que le gastéropode trouverait dans son environnement naturel, explique Margaux, entre deux ventes : colza, navette, céréales concassées, végétaux. A la sortie de l’hiver commence la reproduction. A la fin de l’été le ramassage. C’est à l’hibernation que les animaux connaissent leur bain final, ébouillantés dans leur sommeil. Pour parer un escargot, Margaux procédera en sept étapes. C’est l’autre volet du métier, la cuisine. « L’escargot a du goût » assure la productrice, qui propose une gamme de préparations froides et à réchauffer.
Il n’échappera à personne que l’escargot à l’alsacienne reste le plus demandé chez nous ( bouillon de légumes, vin blanc, beurre persillé). A la bourguignonne, on garde l’escargot dans sa coquille au beurre persillé. En coquille croustillante, on croque la fromentine à la bourguignonne et sa version fromagère au comté. Toujours à l’apéritif, le Pick’escargot à l’huile d’olive, avec ail et tomates séchées.
Et puis, les escargots hachés aux épices et ceux au court-bouillon. De quoi satisfaire nombre de palais.

Pour compléter son marché, des produits habituels de la ferme comme le potimarron et du vin d’Alsace.
Je n’avais jamais d’appétence pour l’escargot. Peut-être parce que ma mémoire olfactive me rappelait les senteurs aillées des caquelons de papa. C’est chez un héliciculteur bourguignon que j’ai osé une dégustation ces dernières années.
Margaux a fini de me convaincre.



































